Toujours dans l’envie et le besoin de monter des projets qui mettent un peu de vent dans la tête , j'ai déjà eu le privilège à 41 ans d’avoir pu vivre quelques expériences aventureuses, (et d'autres sont sous le coude ou en cours d'élaboration) ; une association a d'ailleurs été créée à cet effet, Latitudes 360° (cf. http://latitudes360.free.fr). Après m'être associé à une enseignante, Géraldine Gabin, 30 ans, elle aussi avide de voyages et passionnée par la Chine (où, tout comme moi, elle eut l'occasion d'y vivre), nous avons décidé de monter ensemble ce projet.

Bien sûr, le premier pas, après avoir préparé le dossier (étapes établies selon le potentiel électrique et le relief, formalités administratives, autorisations des différentes ambassades) fut de proposer cette aventure aux entreprises capables de nous aider, à savoir les constructeurs automobiles français. Après tout, les trois grandes marques nationales que sont Renault, Peugeot et Citroën n'axent-elles pas leur politique actuelle sur les voitures propres ? Certains partenariats ont même été signés avec des institutions publiques (La Poste par exemple) pour que ces dernières puissent bénéficier de véhicules électriques. Tous les média proposent de nombreux sujets sur les énergies alternatives, dont bien sûr l'électricité. Mais le moteur électrique a une faiblesse, celle de son image souvent réduite aux club-cars se traînant sur les terrains de golf. Autonomie réduite et cherté à l'achat sont des clichés tenaces qui ont souvent raison des bonnes intentions du client potentiel. En d'autres termes, selon nos constructeurs français, tant que la demande ne se fait pas pressante, inutile d'investir plus avant sur le développement d'un véhicule 100% électrique pour monsieur tout-le-monde. Voilà le problème de la production de masse dans le secteur automobile. Et pourtant ... Durant ces dernières années, la capacité des batteries s'est considérablement accrue, certains constructeurs commercialisent même des voitures de sport électriques aux performances intéressantes (La Venturi « Fetish » atteint 160 km/h, et a plus de 250km d'autonomie). A notre humble niveau, nous voulions donc simplement proposer un moyen original de démontrer que le moteur électrique était fiable sur de longues distances.

Il fut réconfortant (mais triste, patriotiquement parlant !) de voir que seules des entités étrangères furent réellement intéressées par le projet (le monégasque Venturi justement, cité plus haut, et l’américain Apollo Systems). Venturi, très impliqué dans l'énergie électrique et les énergies renouvelables en général, s’est montré enthousiaste et s’est énormément investi dans le dossier. Hélas, le manque de temps et notre collaboration tardive (Les tergiversations de Renault/Dassault SVE et PSA pour nous faire part de leur réponse nous ont fait perdre un temps précieux) nous ont obligés à mettre (temporairement …) un terme à notre collaboration.

Qu’à cela ne tienne ! Les sillonneurs du globe en tous genres vous le diront : l'obstination, l'adaptabilité, et la réactivité sont les moteurs incontournables de tels projets. A défaut du plan principal, nous voilà donc avec notre plan B : remodeler le projet pour faire cette expédition cette fois-ci avec... des SCOOTERS ELECTRIQUES !!!

Ventre-Saint-Gris ! A première vue cela paraît plus, disons, « physique »... Raison de plus pour tenter ainsi l'aventure ! Et cette fois-ci, cocorico, c'est bien une entreprise française qui s'est associée à nous pour nous épauler. ALEL (www.alel.fr) conçoit des scooters qui sont actuellement les plus performants sur le marché en matière d'autonomie électrique : 200 km avec une seule charge ! Leur performance et leur fiabilité renvoient les scooters thermiques au rang de futures antiquités coûteuses et polluantes. Que demande le peuple ? (Et bien en fait, le peuple, il demande à voir si on peut enfin prouver qu'un engin électrique peut couvrir de longues distances en toute fiabilité, et pas que des tournées de quartier pour distribuer le courrier ou bien faire des ronds sur un green entre le 17ème et le 18ème trou).

Le voilà le défi technologique de notre aventure !

Le « Scooler Long Range » sera donc notre fougueux destrier pour parcourir les 14.000 km qui nous séparent de la capitale chinoise… Pour ceux qui désireraient connaître le coût énergétique total d’un tel voyage (au prix EDF), il se montera à environ 30 euros par scooter…. Mort de rire !